Les cloches de Pâques sont-elles nées des soucoupes ? Il existe dans l'histoire du folklore un mystère qui intrigue depuis toujours les spécialistes des traditions populaires.
C'est celui qui s'attache à l'origine des « cloches de Pâques ».
Lorsque au VIIIe siècle l'Église, en signe de deuil, interdit de sonner les cloches pendant les trois jours qui précèdent la fête de la Résurrection, les braves gens inventèrent à l'intention de leurs enfants une histoire fort étrange :
- Du jeudi saint au samedi saint, dirent-ils, les cloches quittent leurs clochers et s'en vont à Rome...
Bien qu'on sache que le besoin de mêler le merveilleux à la vie quotidienne était très grand à cette époque, on peut se demander comment l'idée d'un tel prodige était venue au peuple.
Or, il semble que l'imagination n'ait eu, dans la création de ce conte, qu'une faible part. En effet, il courait alors de nombreuses et curieuses légendes qui faisaient des cloches des objets quasi magiques. On racontait que, certains jours, elles s'envolaient et se promenaient dans le ciel, parfois à des vitesses fantastiques. Des paysans affirmaient en avoir vu passer au-dessus de leurs champs, brillantes et rougeoyantes, en faisant entendre une espèce de bourdonnement. Quelques témoins prétendaient même qu'elles s'arrêtaient quelques instants en un point de l'espace avant de repartir tel l'éclair.
Naturellement, ces légendes dont on connaissait mille versions s'accompagnaient de superstitions. Certains disaient que l'apparition d'une cloche n'était pas d'un bon présage. D'autres, fournissant des preuves, soutenaient le contraire avec véhémence. Mais personne ne doutait de la réalité du prodige.
Aussi, lorsque l'Église interdit les carillons pour trois jours, trouva-t-on naturel de dire que ces cloches, qui circulaient aussi facilement dans l'espace, étaient parties.
Et, comme on ne pouvait les imaginer mieux qu'auprès du pape, on ajouta qu'elles étaient à Rome...
Un point cependant reste obscur. Quels faits incompris ou embellis avaient donc donné naissance aux légendes qui couraient dès avant le VIe siècle ? Quels phénomènes observés dans le ciel avaient bien pu faire croire à nos ancêtres que les cloches pouvaient se promener au-dessus des nuages ?
Car les légendes ne sont jamais imaginées de toutes pièces. Le Père Noël, les loups-garous, les fées, les korrigans ont leur histoire.
UN MOINE TÉMOIGNE
Une chronique du VIe siècle va peut-être nous fournir une explication.
Cette chronique a pour auteur le moine Grégoire de Tours. Rapportant tous les faits importants de son époque, le digne homme écrit qu'en 584 « il parut dans le ciel des rayons brillants de lumière qui semblaient se choquer et se croiser les uns les autres, après quoi ils se séparaient et s'évanouissaient ».
L'année suivante, il note : « Au mois de septembre, certains ont vu des signes, c'est-à-dire de ces rayons ou coupoles qu'on a coutume de voir et qui paraissent courir avec rapidité dans le ciel ».
Deux ans plus tard, le moine écrit encore : « Nous vîmes pendant deux nuits de suite, au milieu du ciel, une espèce de nuage fort lumineux qui avait la forme d'un capuchon ».
Une coupole... un capuchon... voilà des objets qui ressemblent beaucoup à une cloche. Aussi peut-on penser que ces apparitions mystérieuses observées par les contemporains de Grégoire de Tours sont à l'origine des légendes dont nous avons parlé.
Mais une dernière question se pose : qu'étaient donc ces engins extraordinaires qui circulaient dans l'atmosphère, s'arrêtaient brusquement et repartaient avec la vitesse de l'éclair ? Leur description ressemble étrangement à celle de nos modernes soucoupes volantes dont certaines ont, très exactement, la forme d'une coupole, d'un capuchon, en un mot, d'une cloche... Guy Breton.


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